
La fibre d’alpaga est mondialement reconnue pour sa finesse, sa douceur et sa résistance, ce qui en fait l’une des fibres animales les plus prestigieuses utilisées dans l’industrie textile. Originaire des hauts plateaux andins d’Amérique du Sud, l’alpaga est aujourd’hui élevé dans de nombreuses régions du monde, dont la France. Dès l’époque précolombienne, cette fibre était considérée comme un matériau d’exception : surnommée la « fibre des dieux » par les Incas, elle était réservée à la noblesse.
On distingue deux races principales : les Huacaya, dont la toison dense et frisée présente un aspect gonflant et brillant; et les Suri, caractérisées par une toison longue, lisse et soyeuse, tombant en mèches. La diversité génétique de l’espèce permet d’obtenir jusqu’à 22 nuances naturelles, limitant ainsi le recours à la teinture.
La fibre d’alpaga se distingue par sa douceur, son pouvoir isolant, son caractère hypoallergénique et inodore, et sa durabilité. Au-delà de ses propriétés techniques, l’élevage d’alpagas nécessite relativement peu d’eau par rapport à l’élevage d’autres espèces, et leur fibre ne requiert pas de traitements chimiques lourds avant filature. Ces caractéristiques en font une matière première particulièrement adaptée aux filières textiles durables et responsables.
La transparence basée sur la coopération
Les Alpagas de la Paneterie, en Corrèze, élève 23 alpagas et maîtrise le cycle d’élevage, de tonte et les 12 étapes de transformation de la fibre en fil d’excellence localement. L’atelier achète aussi de la fibre auprès d’autres éleveurs dans la région pour la transformer en fil.
Les alpagas sont tondus une fois par an au printemps, avant les fortes chaleurs. Les différentes étapes de transformation se déroulent tout au long de l’année, permettant à l’atelier de François-Xavier de produire environ 1 kg de fil d’alpaga par jour.
La ferme et l’atelier fonctionnent selon une logique de zéro déchet et de revalorisation des co-produits : un cercle de transformation en circuit fermé. Les animaux sont nourris avec le foin issu des terres de la Paneterie, enrichi des compléments alimentaires nécessaires à leur bien-être — actuellement importés d’Angleterre. Aucun intrant chimique n’est utilisé : seul le fumier des alpagas fertilise les sols, garantissant un cycle durable, respectueux des sols.
Lors de la transformation, rien ne se perd. Après un lavage à l’eau recyclée, la jarreuse retire le poil grossier — le “poil de jars” — pour ne conserver que la fibre la plus fine, destinée à la production d’un fil de grande qualité. Selon les toisons, entre 10 et 40 % de la matière est ainsi écartée, mais elle trouve une seconde vie dans la confection de manteaux plus épais.
Autre particularité : il existe officiellement 17 couleurs d’alpaga (et plus de 200 nuances) du blanc pur au noir pur en passant par tous les dégradés de beige, faune, marrons, il existe également des animaux gris et rose grey. Le choix se porte sur des fils non teints, afin de préserver l’authenticité et l’élégance naturelle de leurs couleurs.